Vendredi 21 septembre 2018

Zoom sur la prise en charge psychologique des jeunes patients

Le Centre Oscar Lambret propose aux enfants, adolescents et jeunes adultes une prise en charge psycho-socio-éducative systématique. Chaque patient est suivi à la fois par divers acteurs pour leur garantir un accompagnement global et personnalisé.

Fazya Ait-Kaci, psychologue, Marine Mangenot, art-thérapeute et Marie De Bue, sophrologue, nous offrent un éclairage sur le volet psychologique de la prise en charge.

 

Fazya Ait-Kaci, psychologue : comment se caractérise l’accompagnement psychologique des enfants, adolescents et jeunes adultes ?

 

Pour le jeune patient, le cancer est une réalité complexe car il bouleverse tous les éléments de sa vie : son corps, sa place familiale et sociale, son sentiment d’identité, le sens de sa vie. Ce bouleversement peut créer une déstabilisation psychique chez le malade et sa famille.

En tant que psychologue clinicienne, mon rôle  dans le service est de proposer un accompagnement psychologique à ces jeunes patients et  à leurs proches pendant et après la maladie afin de les aider à  maintenir leur équilibre psychique.

La prise en charge psychologique  commence par une rencontre lors de la première hospitalisation, proposée systématiquement  aux nouveaux patients de l’unité. Ce premier contact permet de faire connaissance et de programmer un prochain rendez-vous pour les patients et proches qui le souhaitent. L’objectif de ces entretiens est de prévenir la souffrance psychologique.

Pour le patient, le travail psychologique consiste à l’aider à garder la conscience de sa valeur et de son identité. Pour les parents, il s’agit de les aider à réguler leurs émotions et à les soutenir dans leur rôle de parents. Pour les frères et sœurs, il s’agit de reconnaitre leur mal-être, de leur donner l’occasion de l’exprimer et de préserver leur place dans la famille.

Ces entretiens peuvent être ponctuels ou réguliers selon les besoins, aux différents stades de la maladie. Ils peuvent avoir lieu en ambulatoire et/ou en hospitalisation.

 

Marine Mangenot, art-thérapeute :  quel est votre rôle dans le volet psychologique de la prise en charge ?

 

L’art-thérapie est l’utilisation de l’art à des fins thérapeutiques. Elle permet de diminuer les difficultés des patients qui n’arrivent pas à extérioriser leurs émotions ou qui ont une image de leur corps modifiée. Les médias artistiques utilisés sont divers : l’écriture, l’art plastique, la danse, le théâtre... Ces outils sont un moyen pour les patients d’exprimer ce qu’ils vivent : peur, colère…, sans forcément mettre des mots.

L’art-thérapie intervient autour de 4 dimensions :

  • Le physique, pour la distraction de la douleur et mobiliser le sensoriel

  • Le psychique, en complément de l’intervention de la psychologue, pour soulager l’anxiété, et offrir un espace d’expression

  • Le social, pour rompre l’isolement et travailler le lien avec l’extérieur

  • Le spirituel, autour de questions existentielles et de cheminement intérieur

L’enjeu de ces interventions est d’améliorer le mieux-être et aider les patients à traverser l’étape des traitements dans de bonnes conditions. Mais aussi d’intégrer la maladie comme étape, dans leur parcours de vie.

Mon approche est centrée sur la personne, souvent décentrée de la maladie : il est important pour chacun de ne pas s’oublier et de continuer à exister en tant qu’individu.

Les relations familiales ont une influence considérable, ainsi je propose également des groupes parents et des groupes fratries.  

> En savoir plus sur l'art-thérapie

 

Marie De Bue, comment la sophrologie vient  s’associer au volet psychologique de la prise en charge ?

 

La sophrologie caycédienne est une étude de la conscience en harmonie. L’enjeu est d’accompagner le patient pour qu’il se sente mieux avec lui-même en l’invitant à se recentrer sur trois piliers : la confiance, l’harmonie et l’espoir.  

Cette discipline répond également à des demandes plus spécifiques comme soulager les douleurs neuropathiques, les troubles du sommeil et l’anxiété.

L’idée est que le patient prenne conscience de ses capacités, de ses ressources, de ce qui va bien dans son corps et de ce qui lui fait du bien. Ainsi, ces sensations et perceptions positives de lui même peuvent prendre le pas sur son malaise.

La sophrologie est une méthode de relaxation dynamique. Pratiquer la sophrologie ne demande aucune condition particulière. Les techniques utilisées sont basées sur la respiration, la tension-détente du corps et la représentation d’images positives. Les séances se vivent en posture debout ou assise, d’une durée moyenne 15/20 minutes. Après une séance, les patients se sentent souvent apaisés, plus sereins et en paix avec eux-mêmes.

Au Centre cette pratique est perçue par les jeunes et leurs proches comme une « pause de l’hôpital » : un moment propice à la détente, pour s’autoriser une coupure avec le quotidien.  


Retour aux articles