Mardi 28 décembre 2021

Zoom sur l’étude REMASCO : une étude évaluant la satisfaction des femmes suite à leur reconstruction mammaire

Le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez la femme, en Europe. En raison de l'amélioration du traitement, les taux de survie à 5 et 10 ans se sont nettement améliorés au fil des ans. Cependant, les traitements peuvent affecter la qualité de vie du patient et nécessiter une reconstruction mammaire afin de restaurer une confiance en soi.

 

Zoom sur l’étude REMASCO

 

L'objectif de la reconstruction mammaire est d'effacer les séquelles de la chirurgie radicale en permettant aux patientes dont le schéma corporel a été altéré par une mastectomie totale de restaurer la forme de leurs seins.

Afin d’aller plus loin dans l’analyse de la satisfaction des patientes concernés par la reconstruction mammaire, le Centre a proposé l’étude REMASCO ayant pour objectif d’évaluer d’une manière plus individualisée et poussée le ressenti et l’intégration au schéma corporel. L’étude venait en complément du questionnaire de satisfaction standard proposé systématiquement après cet acte.

« Quand nous touchons notre corps (notre bras, par exemple), notre cerveau émet un signal spécifique nous permettant d’identifier que ce que nous touchons nous appartient. Par ailleurs, quand nous touchons quelque chose qui ne nous appartient pas (la main d’une amie, par exemple), un signal différent est émis. L’idée était d’observer si les patientes intégraient leur reconstruction mammaire comme quelque chose appartenant à leur corps en étudiant ces signaux.  Le but de cette étude pilote expérimentale, menée par les équipes du Centre en collaboration avec le CHU de Lille, était ainsi de comparer des signaux d'activation au niveau cérébral générés par la palpation des seins pour mieux discerner comment les patientes perçoivent leur reconstruction mammaire », précise le Dr Claudia Regis, chirurgienne au Centre.

 

Une évaluation personnalisée

 

« Nous avons demandé aux patientes de se prêter à quelques consignes lors d’une IRM fonctionnelle afin d’étudier leur satisfaction en observant ce qui se passe dans leur cerveau : la palpation d’une prothèse, celle du sein natif et celle du sein reconstruit. L’objectif était d’étudier leur interprétation de leur reconstruction. Nous avons comparé ces signaux : en faveur de la distinction entre soi et non-soi, l'intensité du signal d'activation cérébrale varie. Nous avons observé des schémas d'activation cérébrale similaires lors de la palpation du sein natif et celle du sein reconstruit, comme si le sein reconstruit faisait partie du soi, autrement dit, une appartenance au schéma corporel et non un corps étranger » explique le Dr C.Regis.

Les 49 patientes incluses étaient très enthousiastes  de pouvoir participer à une étude portant sur la satisfaction concernant la  reconstruction mammaire.

« Ces données seront utilisées lors des consultations et viendront en appui pour nous permettre de rassurer et lever les freins psychologiques que peuvent rencontrer certains patientes sur cette prise en charge », conclut le Dr C.Regis.  

 

En savoir plus sur la prise en charge des cancers du sein au Centre


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