Cancer de la prostate avancé : le Centre renforce son expertise dans les T-cell engagers (thérapies ciblées)

À l’occasion de la campagne Cancers Masculins, le Centre met en lumière de nouvelles pistes thérapeutiques pour les formes avancées du cancer de la prostate. À Lille, le Centre participe notamment à l’évaluation de nouvelles stratégies thérapeutiques et renforce ses capacités d’accueil pour accompagner les patients inclus dans des essais cliniques.

 

Mobiliser les défenses immunitaires du patient : une nouvelle piste contre les cancers avancés

 

Les anticorps bispécifiques constituent une nouvelle génération d’immunothérapies actuellement évaluées dans des essais cliniques contre le cancer de la prostate.

Contrairement à certaines autres tumeurs, le cancer de la prostate répond généralement peu aux immunothérapies classiques. Les chercheurs explorent donc de nouvelles façons d’aider le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses.

Les anticorps bispécifiques fonctionnent comme des ponts entre deux cellules. D’un côté, ils reconnaissent une protéine présente à la surface de certaines cellules tumorales, comme PSMA ou STEAP1. De l’autre, ils se fixent sur des lymphocytes T, des cellules du système immunitaire capables de détruire des cellules anormales.

En rapprochant ainsi les défenses immunitaires des cellules cancéreuses, ces traitements expérimentaux cherchent à déclencher une réponse dirigée contre la tumeur.

Pour les patients atteints d’un cancer de la prostate avancé, notamment lorsque les traitements habituels ne suffisent plus, cette approche représente une nouvelle piste de recherche.

Son efficacité et sa tolérance doivent encore être évaluées dans le cadre d’essais cliniques. Dans le cancer de la prostate, ils ne sont donc accessibles, à ce stade, que dans le cadre d’essais cliniques.

 

Des moyens renforcés pour accompagner les t-cell engagers (thérapie ciblées)

 

L’évaluation de ces traitements innovants nécessite une organisation médicale spécifique. En stimulant fortement le système immunitaire, certains anticorps bispécifiques peuvent provoquer des réactions inflammatoires importantes, qui nécessitent une surveillance attentive et une prise en charge rapide.

Pour accompagner le développement de ces essais, le Centre Oscar Lambret renforce ses capacités d’accueil avec l’ouverture, en octobre 2026, d’une deuxième chambre dédiée à l’administration de ces traitements. Ces essais s’appuient sur son unité d’investigation clinique, rattachée au CLIP² de Lille, labellisé par l’Institut national du cancer pour la conduite d’essais cliniques précoces.

Cette organisation repose sur une collaboration étroite entre les équipes d’oncologie, d’anesthésie-réanimation et de soins de support. Elle vise à assurer une surveillance adaptée lors de l’administration de traitements expérimentaux présentant des risques spécifiques.

« Disposer d’une molécule innovante ne suffit pas. Il faut savoir l’administrer en sécurité. C’est précisément ce que permet un centre expert », souligne le Dr Yaovi Éric Amela, chef du Département d’oncologie médicale au Centre.

Pour le Centre, l’enjeu est double : contribuer à l’évaluation de traitements innovants et permettre aux patients éligibles d’accéder, dans un cadre clinique rigoureux, à de nouvelles possibilités thérapeutiques au sein des Hauts-de-France. Un patient suivi dans un autre établissement peut y être adressé par son médecin pour un avis.

 

Publié le 02 novembre 2026

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