Neuroblu : un essai visant à évaluer

l’efficacité d’une radiothérapie vectorisée pour traiter les neuroblastomes

Les neuroblastomes sont les tumeurs extra-crâniennes les plus fréquentes de l’enfant.  Dans certains cas, la maladie va évoluer sous une forme agressive métastatique, résistante aux traitements conventionnels ou en rechute.

Le pronostic des patients présentant un neuroblastome métastatique en rechute reste très sombre avec un taux de survie de moins de 15%. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles armes thérapeutiques, 

La radiothérapie interne vectorisée (RIV) est une discipline à la fois historique et en plein essor, qui utilise les propriétés physiques des atomes radio actifs pour combattre les cellules cancéreuses. Il s’agit d’une nouvelle arme thérapeutique en médecine nucléaire qui a montré son efficacité pour certaines tumeurs. Elle permet de détruire à la fois la tumeur primitive et l’ensemble des métastases. 

La radiothérapie vectorisée dans le traitement des neuroblastomes de l’enfant utilisait jusqu’alors la MIBG I131 avec des taux de réponse allant de 20 à 50% chez les patients en rechute. Le Centre Oscar Lambret avait d’ailleurs coordonné une étude nationale utilisant ce radio élément et démontré son intérêt dans le traitement des neuroblastomes de l’enfant (étude MITOP). Cependant, les modalités de traitement avec ce radioélément sont lourdes avec une nécessité d’hospitalisation en chambre protégée pendant au moins une semaine et un risque non négligeable d’irradiation de la famille et des soignants. 

L’étude Neuroblu vise à étudier la faisabilité et l’efficacité d’une radiothérapie vectorisée utilisant un autre radioélément, le lutathéra, pour traiter ces neuroblastomes réfractaires ou en rechute. 

 

Vers un schéma thérapeutique adapté 

 

Ce traitement qui repose sur des injections successives d’isotopes radioactifs à intervalles réguliers est très bien toléré chez l’adulte amenant un gain significatif de survie. Les modalités d’administration, les doses à utiliser et l’efficacité de ce traitement ne sont pas encore déterminés chez l’enfant.

 L’objectif principal de l’essai Neuroblu est de définir la dose maximale tolérée chez les jeunes patients porteurs d’un neuroblastome en rechute et d’évaluer l’efficacité de cette radiothérapie afin de disposer, à terme, d’une nouvelle arme thérapeutique.

 

Les bénéfices attendus pour les patients

 

La radiothérapie par Luthatera utilise un atome radioactif plus simple d’utilisation, qui du fait d’une décroissance de la radioactivité plus rapide que la MIBG, permet de limiter la durée d’hospitalisation et l’irradiation de la famille et des soignants. 

 

Les bénéfices attendus de cette étude sont donc doubles. D’une part de disposer d’une nouvelle arme thérapeutique pour le traitement de ces enfants porteurs d’un neuroblastome, d’autre part d’alléger leurs conditions d’hospitalisation et de diminuer les risques liés à la radioactivité pour la famille et le personnel soignant. 

« Une fois validé, nous pourrons ensuite développer des stratégies d’association thérapeutique avec d’autres médicaments pour potentialiser les effets de la radiothérapie vectorisée. 

Nous espérons que cet essai mettra en évidence une efficacité thérapeutique. Ce protocole pourrait concerner 5 jeunes patients par an au Centre » 

conclut le docteur Anne-Sophie Defachelles, cheffe du pôle pédiatrique, adolescents et jeunes adultes.
Publié le 14 février 2024

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