Mardi 2 juillet 2019

Mieux comprendre certains types de cancers du sein grâce à l’analyse protéomique

Cette année, quatre études portées par des équipes du Centre ont été sélectionnées par le comité scientifique de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) pour être présentées lors de son congrès qui s’est tenu à Chicago le mois dernier. Parmi celles-ci, une étude sur le cancer du sein présentée par le Dr Nawale Hajjaji.

 

Mieux comprendre les sous-types de cancers du sein

 

Les cancers du sein restent la première cause de mortalité chez les femmes. Aujourd’hui les progrès réalisés dans l’analyse des gènes de la tumeur, notamment à travers des techniques innovantes comme les signatures génomiques qui étudient l’empreinte génétique de la tumeur, permettent de distinguer plusieurs types de cancers du sein, d’évaluer le risque de récidive et de personnaliser les traitements.

En effet, le cancer du sein est une maladie dite hétérogène : il existe plusieurs types de tumeurs, qui seront traitées différemment. Les cancers du type Luminal A et Luminal B restent les plus fréquents.

L’étude portée par le Dr Nawale HAJJAJI pour le Comité Sénologie et le Dr Yves Marie ROBIN pour le Département de Biopathologie a été réalisée en collaboration avec le laboratoire de recherche Inserm PRISM à Lille. Cette étude s’intéresse au sous-type Luminal A et a pour objectif de mieux comprendre pourquoi certaines femmes dont les tumeurs sont classées dans cette catégorie dite non agressive, ont malgré tout un risque de récidive élevé.

 

L’étude des cancers du sein du type Luminal A

 

Le sous-type Luminal A est généralement non agressif avec un risque de récidive peu élevé. Cependant, certaines femmes dont le cancer du sein est du type Luminal A ont un risque de récidive élevé.

L'enjeu de cette étude est de mieux comprendre ce sous-type Luminal A à haut risque de récidive afin de proposer un traitement toujours plus adapté et personnalisé aux caractéristiques de la maladie de la patiente.

Pour mieux comprendre ce profil Luminal A, l’étude propose une analyse approfondie de l’empreinte de ces cancers par une méthode appelée protéomique.

 

L’analyse protéomique des cancers du sein Luminal A à haut risque

 

L'expression de nombreux gènes est altérée lors de la transformation cancéreuse des cellules et lors de la progression tumorale. Ces modifications se traduisent notamment par des altérations des protéines présentes dans la tumeur. L'analyse protéomique permet l'étude globale des protéines et de leurs modifications afin de mieux les comprendre et mieux orienter le traitement.

L’étude présentée à l’ASCO par le Dr Hajjaji se base sur 222 patientes du Centre Oscar Lambret ayant bénéficié du test Prosigna ®. Parmi ces femmes, 129 avaient des cancers du sein classé dans le sous-type Luminal A, et parmi elles 19% avaient un risque de récidive élevé (c'est-à-dire supérieur ou égal à 15% dans les 10 ans).

Cette étude a analysé chez chacune de ces patientes à risque élevé, plus de 1 500 protéines. Le profil des protéines obtenu a montré que ces cancers du sein Luminal A à haut risque ont probablement un défaut d’activation de l’inflammation et du système immunitaire qui les rend plus agressifs.

Cette découverte permet de mieux comprendre les caractéristiques de ce groupe de tumeurs.  Les auteurs de cette étude espèrent que la caractérisation protéomique servira à terme à développer des traitements toujours plus personnalisés.


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