L’importance de la nutrition dans la prise en charge des cancers colorectaux
L’alimentation et le mode de vie jouent un rôle clé dans la prévention de certains cancers. 40% des cancers pourraient être évités car ils résultent de l’exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie : tabac, alcool, alimentation peu diversifiée, sédentarité, excès de poids… De même, 20 à 25% des cancers sont attribuables aux facteurs nutritionnels.
Cancer colorectal : ce que nous connaissons pour réduire le risque
Parmi les différents types de cancers, le cancer colorectal est particulièrement influencé par la nutrition et le mode de vie.
L’alimentation, un levier majeur de prévention
Parmi les stratégies de prévention du cancer colorectal, l’alimentation occupe une place centrale. Les données actuelles soulignent notamment l’importance d’un apport suffisant en fibres alimentaires, présentes dans les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes. « Les apports recommandés se situent autour de 25 grammes par jour, un niveau atteint par seulement 13 % des adultes en France », précise le Dr Vincent Florent, médecin nutritionniste au Centre.
La consommation régulière de produits laitiers, à raison de deux portions quotidiennes, est également associée à une diminution du risque.
À l’inverse, la surconsommation de viande rouge et de charcuterie, en particulier lorsqu’elles sont cuites à haute température comme lors des grillades, a démontré de façon convaincante son risque sur la survenue de cancer colorectal. « Les repères nutritionnels préconisent de ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge et 150 grammes de charcuterie par semaine. », ajoute le Dr Vincent Florent.
Enfin, le maintien d’un poids de forme constitue un facteur protecteur supplémentaire, contribuant à réduire le risque de survenue de cette pathologie.
L’activité physique
Le second levier de prévention concerne la réduction de la sédentarité. « Une activité physique quotidienne d’environ 30 minutes, incluant la marche ou certaines tâches domestiques, reste associée à un bénéfice protecteur. Il est par ailleurs important de fractionner les périodes prolongées en position assise par des pauses régulières », rappelle le Dr Vincent Florent, médecin nutritionniste au Centre.
Focus sur les aliments ultra transformés
Les aliments ultras transformés sont des aliments ayant subis un processus de fabrication industriel, et qui contiennent au moins 5 ingrédients (dont souvent des additifs alimentaires). Ces aliments sont très présents dans les magasins (biscuits, snacks, boissons sucrées, et même certaines céréales de petit déjeuner) et constituent environ 1/3 de nos apports caloriques.
L’étude française NUTRINET Santé a mis en évidence sur 107.980 participants, une association entre la consommation de ce type d’aliments, et la survenue de cancers.
Plus récemment une étude publiée fin 2025 dans le JAMA oncology, a pu mettre en évidence sur une cohorte de 30.000 patientes que la surconsommation d’aliments ultra transformés provoquait un risque accru de développer des lésions précancéreuses colorectales, notamment à un âge plus jeune.
L’importance d’un suivi nutritionnel et du dépistage de la dénutrition dans la prise en charge du cancer colorectal
Une fois la maladie installée, la dénutrition devient une complication fréquente. Environ 39 % des patients atteints d’un cancer colorectal souffrent de dénutrition, un chiffre encore plus élevé chez les patients hospitalisés. Cette situation impacte directement le pronostic et la qualité de vie des patients.
« Un dépistage précoce et une prise en charge adaptée permettent d’améliorer la survie des patients, maintenir une meilleure qualité de vie, optimiser la tolérance aux traitements (chimiothérapie, radiothérapie) et de réduire les complications chirurgicales », précise le Dr Vincent Florent.
Le rôle des professionnels de santé dans le suivi nutritionnel
Tout au long du parcours de soins, il est essentiel d’évaluer l’état nutritionnel du patient. Un simple suivi du poids constitue déjà un indicateur précieux. Chaque professionnel de santé doit être impliqué dans le dépistage de la dénutrition afin d’assurer une prise en charge adaptée le plus tôt possible.
Le Centre dispose d’une équipe dédiée pour une prise en charge personnalisée et globale des patients. Ainsi, en cas de besoin, une équipe spécialisée - composée de 3 médecins nutritionnistes, 7 diététiciennes et deux infirmières de parcours (IDEC) - intervient pour accompagner le patient.
« En fonction de du statut nutritionnel, différentes approches sont proposées aux patients : des conseils alimentaires adaptés, des compléments nutritionnels et/ou une assistance comme une nutrition artificielle. Ces soins peuvent être dispensés en consultation externe ou en hospitalisation, selon les besoins spécifiques du patient » explique le Dr Vincent Florent.