L’étude POSITIVE : des résultats rassurants

pour les femmes sous hormonothérapie ayant un désir de grossesse

L'hormonothérapie fait partie de la séquence de traitement des cancers du sein de stade précoce exprimant les récepteurs hormonaux. La durée d'hormonothérapie pour les patientes concernées et non ménopausées est de 5 à 10 ans. L'hormonothérapie étant contre indiquée pendant la grossesse (car potentiellement toxique pour l'enfant à naître), une interruption temporaire de ce traitement est nécessaire chez les patientes ayant un projet de grossesse.

La durée optimale d'interruption de l'hormonothérapie n'est pas connue et n'avait jusqu'ici pas été étudiée prospectivement. L'étude POSITIVE, dont les 1ers résultats sont plutôt rassurants, vise à étudier le risque obstétrical et de récidive du cancer en lien avec la pause de ce traitement dans le cadre d'une grossesse.

 

L'étude POSITIVE : une étude visant à étudier l'arrêt temporaire de l'hormonothérapie chez les femmes ayant un projet de grossesse

 

L'étude POSITIVE est une étude multicentrique – autrement dit, une étude qui se déroule en même temps dans plusieurs hôpitaux en France et à l'étranger - visant à évoluer l'impact de l'interruption temporaire de l'hormonothérapie pour permettre une grossesse chez des patientes atteintes d'un cancer du sein de stade précoce – stade I à III.

L'étude POSITIVE a inclus pendant 5 ans, 516 patientes de moins de 42 ans en cours d'hormonothérapie depuis 18 à 30 mois pour un cancer du sein localisé. Le Centre Oscar Lambret a été coordinateur France pour cette étude.

La médiane d'âge à l'inclusion était de 37 ans (43 % entre 35 et 39 ans).  Lors de cette inclusion, 75 % des patientes n'avaient jamais eu d'enfant, il s'agissait donc pour ces femmes d'un projet de première grossesse.

« L'étude permettait l'interruption de l'hormonothérapie pendant un maximum de deux ans pour permettre la conception, la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. L'hormonothérapie était ensuite reprise pour compléter les 5 à 10 ans du traitement », explique le Dr Audrey Mailliez, oncologue médicale au Centre Oscar Lambret et coordinatrice de l'étude en France.

 

Des résultats rassurants

 

Les résultats sont rassurants. Dans cette étude, 74 % des patientes ont eu au moins une grossesse. Parmi ces femmes, 86 % ont eu un enfant. Ainsi, 368 femmes ont été enceintes dont 317 avec une naissance vivante et nous comptons 365 enfants dont des naissances multiples (jumeaux).  

« Après 41 mois de suivi, 8% des patientes ont présenté une récidive. La comparaison avec des populations de patientes similaires incluses dans d'autres essais ne met pas en évidence de différence significative en termes de taux de récidive du cancer du sein à 3 ans. Il n'y a donc pas d'augmentation de risque de récidive mis en évidence pour les patientes ayant interrompu temporairement l'hormonothérapie et eu une grossesse », explique le Dr Audrey Mailliez.

La majorité des patientes ont aujourd'hui repris l'hormonothérapie (76 %) ; seules 15 % des patientes sont encore en pause thérapeutique (en raison d'une grossesse en cours, un allaitement ou un projet de grossesse encore non abouti). Les patientes seront suivies pendant 10 ans soit jusqu'en 2029. Les données de ce suivi à long terme seront ultérieurement présentées.

Publié le 06 mars 2023

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