Les études AÉRO-RMS et TARGET-RMS
Chaque année, plusieurs centaines d'enfants et d'adolescents sont touchés par un cancer. Parmi eux, le rhabdomyosarcome, la tumeur maligne des tissus mous la plus fréquente chez l'enfant, reste l'un des cancers pédiatriques les plus difficiles à traiter lorsqu'il récidive ou se propage.
Au Centre Oscar Lambret, les équipes de recherche et de soins unissent leurs expertises pour mieux comprendre cette maladie et développer des traitements toujours plus ciblés et personnalisés.
Grâce aux projets TARGET-RMS et AERO-RMS, le Dr François Sevrin et le Dr Anne-Sophie Defachelles explorent les mécanismes qui permettent à certaines cellules cancéreuses de résister aux traitements, avec un objectif simple : offrir de nouvelles chances de guérison aux enfants, adolescents et jeunes adultes atteints des formes les plus sévères de rhabdomyosarcome.
Un enjeu majeur pour les cancers pédiatriques
Aujourd'hui, les traitements associant chimiothérapie, chirurgie et radiothérapie permettent de guérir environ 75 % des formes localisées de rhabdomyosarcome. Mais lorsque la maladie est métastatique ou récidive, les perspectives restent beaucoup plus limitées, avec une survie souvent inférieure à 30 %.
Le Centre Oscar Lambret est l'un des acteurs de référence dans ce domaine. Il a notamment coordonné l'étude européenne VIT, devenue une référence dans la prise en charge des rechutes de rhabdomyosarcome et à l'origine des recommandations européennes publiées par le groupe EpSSG.
Chaque tumeur est unique. Pour mieux combattre les formes les plus difficiles du rhabdomyosarcome, nous devons comprendre ce qui permet à certaines cellules cancéreuses de résister aux traitements. En étudiant les tumeurs de nos patients et en créant des « mini-tumeurs » en laboratoire, nous observons la maladie au plus près afin d'identifier les mécanismes de résistance. Nous analysons également les protéines présentes dans les tumeurs car elles orchestrent le fonctionnement des cellules et peuvent révéler de nouvelles fragilités. Notre ambition : transformer ces découvertes en traitements plus ciblés et personnalisés pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.
Deux axes de recherche complémentaires :
Des "mini-tumeurs" pour mieux comprendre et mieux traiter
Pour comprendre un cancer, il faut pouvoir l'observer au plus près de la réalité des patients. Au Centre Oscar Lambret, les chercheurs travaillent directement à partir d'échantillons tumoraux prélevés lors du parcours de soins des enfants, adolescents et jeunes adultes pris en charge. Grâce à une collaboration étroite entre les équipes médicales, chirurgicales, anatomopathologiques et de radiologie interventionnelle, ces prélèvements constituent une ressource précieuse pour la recherche. Chaque échantillon permet d'étudier les caractéristiques biologiques réelles de la tumeur et d'identifier les mécanismes qui favorisent sa progression ou sa résistance aux traitements.
L'une des grandes forces de l’étude TARGET-RMS est le développement d'organoïdes tumoraux. À partir des cellules prélevées chez les patients, les chercheurs recréent en laboratoire de véritables « mini-tumeurs » reproduisant fidèlement les caractéristiques du cancer de l'enfant.
La protéomique : observer les véritables acteurs de la maladie
Pour comprendre un cancer, l'étude de l'ADN ne suffit pas toujours. Les protéines sont les véritables acteurs du fonctionnement des cellules. Ce sont elles qui contrôlent la croissance tumorale, les mécanismes de défense et la résistance aux traitements.
Le projet de recherche AERO-RMS repose sur une technologie de pointe appelée protéomique spatiale. Cette méthode permet d’analyser les protéines dans les tumeurs tout en tenant compte de leur localisation exacte dans le tissu. Contrairement aux méthodes de protéomique classiques, qui examinent des échantillons en vrac, la protéomique spatiale permet de voir les différences à l’intérieur même de la tumeur. Cette technique a déjà été utilisée avec succès pour un autre type de cancer, le glioblastome, une tumeur cérébrale, et a permis d’identifier des marqueurs importants qui pourraient guider de nouveaux traitements.