Dr Vincent Florent, médecin nutritionniste au Centre

Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

 

Je suis médecin nutritionniste de formation initiale, et papa sur le tard, d’un garçon de 4 ans. J’ai intégré le Centre Oscar Lambret à la fin de l’année 2024.

J’ai suivi une formation lilloise, au cours de laquelle j’ai réalisé mon internat avant de poursuivre avec un assistanat partagé entre le CHU de Lille et le CH d’Arras, dans le cadre d’un DESC de nutrition. J’ai également complété cette formation par un parcours universitaire à Paris Diderot avec un master 2, puis un doctorat en neurosciences au sein de l’unité INSERM Lille Neurosciences et Cognitions. Mes travaux portaient sur la régulation hypothalamique de la prise alimentaire en IRM multimodale.

J’ai ensuite exercé comme PH pendant 10 ans au sein du service de nutrition d’Arras, où nous avions développé une expertise autour de la prise en charge médico-chirurgicale de l’obésité sévère, des troubles restrictifs du comportement alimentaire, avec la création d’un SMR nutrition, ainsi que de la prise en charge de la dénutrition, avec le support d’une Unité Transversale de Nutrition Clinique.

J’ai par ailleurs une expérience entrepreneuriale dans la création de dispositifs médicaux numériques, sous forme de thérapies digitales en réalité virtuelle (VR) pour les troubles alimentaires, projet coporté par Eurasanté.

 

Qu’est-ce qui vous anime au quotidien dans vos fonctions de coordonnateur des parcours nutrition, notamment face aux enjeux croissants liés à l’obésité et aux pathologies associées ?

 

Lors de mon arrivée au COL, on m’a confié les missions de coordination des parcours nutrition, afin de conforter l’offre de soins en matière de soins nutritionnels, et de filiariser les patients, notamment avec le support des prises en charge coordonnées. C’est un travail d’équipe par nature dans la mesure où cette discipline est transversale et nécessite une approche pluridisciplinaire avec les diététiciennes, professeurs APA, infirmières d’éducation, stomathérapeutes …

J’ai donc eu la chance de collaborer rapidement avec une équipe de diététiciennes expertes dans le domaine de l’onconutrition, et avec les différents acteurs des soins oncologiques de support tant médicaux que paramédicaux.

La dynamique projet m’anime au quotidien, avec des parcours déjà bien en place comme celui des patients ORL sous assistance nutritionnelle ou celui des patients porteurs d’iléostomie. D’autres sont en chantier comme le projet « Obésité et cancer » qui se veut holistique dans la mesure où nous réfléchissons à « l’avant cancer » sur un volet prévention primaire, au pendant avec la prise en charge de l’obésité sarcopénique, et à « l’après cancer » notamment pour les patient(e)s sous hormonothérapie.

 

Quels sont les grands projets et les perspectives dans votre domaine ?

 

Avec l’équipe diététique, nous souhaitons développer les explorations fonctionnelles métaboliques, qui constituent aujourd’hui un gold standard indispensable pour personnaliser la prise en charge des patients porteurs de nutrition artificielle. La calorimétrie indirecte ainsi que la bioimpédancemétrie vont nous y aider.

Par ailleurs, à la suite de l’accréditation OECI, nous nous sommes rendu compte que nos accompagnements en nutrition étaient très orientés vers l’éducation : l’éducation alimentaire, bien sûr, mais aussi l’apprentissage de gestes techniques, comme l’autonomisation des patients sous nutrition entérale par gastro- ou jéjunostomie. Ce temps de consultation, encore insuffisamment valorisé, tant sur le plan des compétences que sur le plan médico-économique, nous conduit à travailler à la reconnaissance de cette spécificité via la création de programmes d’éducation thérapeutique du patient.

Enfin, l’accompagnement des patients en situation d’obésité représente un enjeu important dans notre région et particulièrement dans certains parcours comme le parcours orangé (endomètre), en sénologie, ou en urologie. Nous allons pour cela candidater à un appel à projet de l’ARS appelé PCR pour « Parcours Coordonné Renforcé » sur la reconnaissance du Centre comme centre de recours sur la thématique « obésité et cancer ». Cela nous permettra en parallèle de développer plusieurs programmes de recherche notamment sur l’utilisation des TMO (traitements médicamenteux de l’obésité) comme traitement adjuvant du cancer chez les patients en situation d’obésité.

 

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