Cancer du sein et désir d'enfant : l'étude POSITIVE apporte de nouvelles données rassurantes
En 2023, les premiers résultats de l'étude internationale POSITIVE avaient apporté un message encourageant pour les femmes atteintes d'un cancer du sein hormonodépendant souhaitant mener un projet de grossesse. Aujourd'hui, ces données se confirment avec la publication des résultats actualisés dans la revue scientifique ESMO Open. Ces nouvelles données, obtenues après un suivi plus long des patientes incluses, confortent les conclusions initiales et renforcent le caractère rassurant de cette stratégie pour les patientes concernées.
Un suivi plus long qui confirme les premiers résultats encourageants
L'étude POSITIVE, menée à l'échelle internationale, évalue l’impact d'une interruption temporaire de l'hormonothérapie chez des femmes atteintes d'un cancer du sein hormonodépendant souhaitant mener une grossesse.
Près de 500 patientes, incluses entre 2014 et 2019, ont participé à cette étude. Les résultats actualisés, établis après un suivi médian de 71 mois, montrent qu'aucune augmentation du risque de récidive ou de décès n'a été observée chez les femmes ayant interrompu leur traitement dans le cadre de leur projet parental. Ces données confirment ainsi les premiers résultats publiés en 2023 et apportent désormais des éléments rassurants à moyen terme.
« Ces nouvelles données constituent une étape importante. Les premiers résultats publiés en 2023 étaient déjà rassurants à court terme. Avec un suivi médian de près de six ans, nous disposons désormais d'un niveau de preuve supplémentaire qui confirme qu'une interruption temporaire de l'hormonothérapie, lorsqu'elle est encadrée, n'est pas associée à une augmentation du risque de récidive ou de décès. C'est un message très encourageant pour les jeunes femmes qui souhaitent construire un projet de grossesse après un cancer du sein, tout en rappelant que chaque situation doit être discutée au sein d'une équipe spécialisée » explique le Dr Audrey Mailliez, oncologue au Centre Oscar Lambret.
Des projets de grossesse concrétisés
Cette nouvelle analyse permet également de mieux évaluer les grossesses obtenues au cours du suivi : 75 % des participantes ont obtenu au moins une grossesse et près de deux femmes sur trois ont donné naissance à un enfant vivant. Au total, 440 enfants sont nés, certaines patientes ayant pu mener plusieurs grossesses.
Ces nouveaux résultats confortent cette approche lorsqu’elle est proposée dans un parcours de soins adapté et avec un accompagnement médical spécialisé.
Une étude qui se poursuit
Cette publication constitue une nouvelle étape importante dans le suivi de l'étude POSITIVE. Après des résultats rassurants à court terme présentés en 2023, les données disponibles aujourd'hui apportent un recul à moyen terme et confortent la possibilité, pour certaines femmes, d'interrompre temporairement leur hormonothérapie afin de réaliser un projet de grossesse.
« Le suivi des participantes se poursuit et les résultats à long terme sont attendus en 2029, soit dix ans après l'inclusion de la dernière patiente. Ils permettront de confirmer durablement la sécurité de cette stratégie »
Cette étude illustre l'importance de la recherche clinique pour répondre aux préoccupations des patientes et faire évoluer les pratiques médicales. Elle apporte aujourd'hui des données solides permettant d'accompagner plus sereinement les femmes qui souhaitent concilier traitement du cancer du sein et projet de maternité.
Retrouvez l'article scientifique publié dans ESMO Open
Les 5 messages clés
1. Un cancer du sein hormonodépendant ne signifie pas forcément renoncer à un projet de grossesse.
Des solutions peuvent être envisagées chez certaines femmes après une évaluation médicale personnalisée.
2. L’étude POSITIVE apporte des données rassurantes.
Chez des patientes sélectionnées, une interruption temporaire de l’hormonothérapie n’a pas montré d’augmentation du risque de récidive ou de décès à moyen terme.
3. Une grossesse après un cancer du sein est possible.
Les résultats de l’étude montrent que de nombreuses participantes ont pu concrétiser un projet de maternité.
4. Chaque situation est unique.
La décision d’interrompre temporairement un traitement doit toujours être discutée avec l’équipe soignante.
5. Parler tôt de son désir d’enfant permet de mieux préparer son projet.
La fertilité et les projets de grossesse font partie intégrante du parcours de soins des femmes traitées pour un cancer du sein.