Cancer de la prostate métastatique : une combinaison de traitements permet de prolonger la survie
Avec plus de huit ans de recul, une grande étude internationale apporte une avancée importante dans le traitement du cancer de la prostate métastatique. L'ajout de l'abiratérone à l'hormonothérapie et à la chimiothérapie permet de nettement prolonger la durée de vie des patients. Ces résultats ont été présentés au congrès européen de cancérologie de l’ESMO 2026 par le Pr Karim Fizazi, oncologue médical et directeur général du Centre.
Vivre plus longtemps avec un cancer déjà métastatique
Lorsque le cancer de la prostate s'est propagé à d'autres organes, l'objectif des traitements est de freiner le plus durablement possible son évolution et de prolonger la vie des patients. C'est dans ce contexte que les nouveaux résultats de l'étude PEACE-1 constituent une avancée importante.
Menée auprès de 1 172 patients dans sept pays européens, cette étude de phase III, promue par UNICANCER, a évalué l'intérêt d'associer plusieurs traitements dès la prise en charge d'un cancer de la prostate métastatique encore sensible à l'hormonothérapie.
Avec plus de huit ans de recul, les résultats montrent un bénéfice durable lié à l'ajout de l'abiratérone, un médicament qui réduit la production d'hormones favorisant la croissance du cancer.
« Le risque de décès ou de progression tumorale est réduit de 50 % avec l’adjonction de l’abiratérone. La survie sans progression est doublée : en une décennie, elle est passée d'un an à quatre ans »
L'un des principaux enseignements de PEACE-1 réside dans la durée de son suivi. Alors que de nombreuses études apportent des résultats après quelques années seulement, les données présentées aujourd'hui permettent d'évaluer la persistance du bénéfice à long terme. Elles confortent la place de l'intensification thérapeutique, qui consiste à associer plusieurs médicaments agissant de manière complémentaire, dans la prise en charge des patients concernés.
« Le bénéfice est net pour ces patients. Sur la survie globale, le risque de décès diminue de 25 %, avec une médiane qui passe de moins de 4,4 ans à plus de 6,2 ans. Il s'agit désormais d'un standard fort pour nos patients », souligne le Pr Karim Fizazi.
Demain, des traitements adaptés au profil biologique de chaque cancer ?
En parallèle, une deuxième étude internationale, CAPItello-281, ouvre une perspective complémentaire : mieux adapter les traitements aux caractéristiques moléculaires des tumeurs. Également coordonnée par le Pr Karim Fizazi, elle concerne 1 012 patients dont le cancer présente une anomalie du gène PTEN, associée à une maladie généralement plus agressive. L'étude évalue l'ajout du capivasertib, un traitement ciblé, à l'abiratérone et à l'hormonothérapie.
Après des premiers résultats encourageants sur le contrôle de la maladie il y a un an, une nouvelle analyse fait apparaître une réduction de 18 % du risque de décès en faveur de cette association.
Ce résultat reste toutefois à confirmer par l'analyse finale, attendue en 2027-2028.
Il illustre une autre évolution majeure de la recherche : au-delà de l'association de traitements, la possibilité de choisir certaines thérapies en fonction des anomalies biologiques propres à chaque tumeur.
Faire progresser les traitements, mais aussi la durée de vie
Ces deux études témoignent des progrès réalisés dans la prise en charge du cancer de la prostate métastatique.
La première apporte une confirmation solide sur le long terme : associer les traitements peut permettre aux patients de vivre plus longtemps. La seconde ouvre la voie à une médecine plus personnalisée, avec l'espoir de mieux traiter les formes biologiquement plus agressives.
Pour les patients et leurs proches, ces avancées dessinent une perspective essentielle : celle d'une maladie dont l'évolution peut être freinée plus durablement, grâce aux progrès de la recherche clinique.