ASCO 2026 : une évolution majeure pour le cancer de la prostate avancé
Le 30 mai, une étude portée par le Pr Karim Fizazi, Directeur Général du Centre a été présentée au congrès de l’ASCO à Chicago. Ces données, dévoilées lors de ce congrès, affichent un bénéfice clinique hautement significatif. Le prestigieux New England Journal of Medicine a également publié ces données de manière concomitante.
Coordonné par le Pr Karim Fizazi, oncologue médical et Directeur Général du Centre Oscar Lambret, l’essai international de phase III TALAPRO-3 démontre l’efficacité majeure d’un inhibiteur de PARP associé à une hormonothérapie de seconde génération pour le traitement initial du cancer de la prostate métastatique.
Le cancer de la prostate est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme dans le monde, avec 50 000 nouveaux cas par an en France. Si les traitements hormonaux sont habituellement efficaces au stade métastatique, les patients porteurs d’anomalies génétiques (gènes BRCA1, BRCA2, ATM, ATR, CDK12, CHEK2...) développent des formes plus agressives, à progression rapide et de pronostic plus sombre.
Une médecine de précision pour contrer des formes très agressives
L’essai a inclus plus de 550 patients dans plusieurs dizaines de pays pour évaluer une combinaison thérapeutique innovante : l’enzalutamide bloque les signaux hormonaux qui nourrissent la tumeur, tandis que le talazoparib (un inhibiteur de PARP déjà utilisé dans certains cancers de la prostate résistants) empêche les cellules cancéreuses de réparer leur ADN. Privées de ce mécanisme de secours, les cellules tumorales mutées meurent massivement.
Dans le cadre de cet essai, les patients inclus ont ainsi été répartis en deux groupes :
- Le premier groupe a reçu l’association du talazoparib (0,5 mg) et de l’enzalutamide (160 mg) par voie orale quotidiennement, en plus de la privation androgénique classique.
- Le second groupe a reçu l’enzalutamide (160 mg), toujours par voie orale quotidienne, associé à la privation androgénique.
Des résultats cliniques majeurs : jusqu’à 65 % de réduction du risque de progression
Les données démontrent un bénéfice clinique hautement significatif face au standard actuel :
- Réduction du risque de progression ou de décès : L’association réduit globalement ce risque de 50 % dans la population cible (gènes HRR altérés).
- Un bénéfice maximal pour le sous-groupe BRCA2 : chez les patients porteurs de cette mutation, l’une des plus agressives, l’ajout du talazoparib réduit ce risque de 65 %.
- Tendance positive sur la survie globale : avec un recul médian de 40 mois, les données préliminaires affichent déjà une réduction du risque de décès de 23 %.
« Ces résultats cliniques sont exceptionnels. Pour les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique hormono-sensible et présentant une altération du gène BRCA2, l'association talazoparib / enzalutamide permet de retarder considérablement la progression de la maladie tout en préservant leur qualité de vie. C’est un pas majeur pour la médecine personnalisée en cancérologie génito-urinaire. », détaille le Pr Karim Fizazi.
Vers un changement des pratiques médicales
Jusqu’à présent, les inhibiteurs de PARP n’étaient validés qu’au stade de résistance à la castration. TALAPRO-3 démontre l’intérêt clinique d’une intervention plus précoce, dès le diagnostic du stade métastatique, et devrait transformer les standards internationaux (sous réserve des approbations réglementaires), confirmant la nécessité de généraliser les tests génomiques chez les patients métastatiques.