La prise en charge chirurgicale au Centre Oscar Lambret

La chirurgie est le traitement de choix de la plupart des tumeurs solides malignes.

Elle permet, quand son volume le permet, d’éradiquer complètement la lésion visible et peut alors constituer le traitement unique et définitif de la maladie. Lorsque le volume ou l’extension sont plus importants, la chirurgie permet de réduire la charge tumorale. Elle doit dans ce cas être suivie d’un traitement dit adjuvant qui va éradiquer ce qui n’a pu être enlevé. Ceci permet de prévenir la récidive de la maladie.

Parfois lorsque la maladie est d’emblée trop étendue, d’autres traitements, dits alors néo-adjuvants (mis en œuvre avant l’acte chirurgical curatif) vont permettre de rendre secondairement la tumeur opérable complètement.

 

Les spécificités de la chirurgie cancérologique

La différence majeure entre une tumeur bénigne et cancéreuse est l’absence dans le cas de cette dernière de limitation anatomique. La tumeur cancéreuse a en effet tendance à infiltrer les tissus adjacents. Découle alors la spécificité de la chirurgie carcinologique qui va enlever la tumeur primitive en étendant le geste, en totalité ou partiellement, à l’organe sur lequel elle se développe. On lui associe selon les cas l’ablation des ganglions lymphatiques qui drainent cette tumeur, avec ou sans celle de métastases locales. Parfois, ces ablations peuvent nécessiter des reconstructions fonctionnelles ou esthétiques afin d’éviter ou limiter les graves séquelles.

A l’opposé, en cas de tumeur de petit volume, la préservation de la forme ou de la fonction de l’organe en cause est un souci constant pour les chirurgiens (préservation de la fertilité, oncoplastie des tumeurs mammaires…).

La chirurgie cancérologique est une chirurgie spécialisée nécessitant de la part de ses acteurs, des connaissances approfondies sur la biologie des tumeurs, la pratique des actes de chirurgie étendue et leurs reconstructions, ainsi que les indications et limites des traitements adjuvants ou néo-adjuvants qui peuvent encadrer l’acte.

Vers de nouvelles prises en charge des patients

La prise en charge globale des patients évolue afin de réduire les délais et les durées d’hospitalisation et ainsi mieux préparer les patients aux gestes complexes.

  • Le développement de circuits courts de prise en charge

En sénologie, la mise en place d’un circuit court de prise en charge appelé Parcours rose qui intègre un bilan intégré et organisé, a permis un gain de temps significatif dans le traitement de cette pathologie, avec retour rapide des patientes à leurs activités antérieures. Des développements similaires sont actuellement à l’étude pour les autres départements.

  • La chirurgie ambulatoire

La chirurgie ambulatoire (en une journée) se développe grâce aux actions coordonnées des chirurgiens et anesthésistes. Elle est de plus en plus utilisée en routine en sénologie et se développe pour les autres spécialités. Je découvre en vidéo la chirurgie ambulatoire au Centre Oscar Lambret.

  • La réhabilitation précoce

La collaboration multi-spécialistes concerne aussi, pour les patients fragilisés, la préparation aux interventions lourdes qui associe re-nutrition et kinésithérapie adaptées, ainsi que la réhabilitation précoce qui accélère la récupération post-opératoire.

  • Les nouveaux traitements

Comme tout centre de référence, la chirurgie du Centre évalue en permanence ses résultats et participe à de nombreux protocoles de recherche, seul gage d’évolution et de rigueur dans la prise en charge et le suivi des patients. 

 

La recherche

La chirurgie du Centre initie ou est impliquée dans de nombreuses études cliniques, au travers de programmes nationaux ou internationaux de recherche mais aussi dans des recherches plus fondamentales en collaboration avec des équipes de chercheurs d’autres facultés, nationales ou internationales.

Les technologies et techniques récentes

Le robot chirurgical

La chirurgie cancérologique a beaucoup évolué depuis les années 1980 avec l’introduction, le développement puis la généralisation de la chirurgie mini-invasive, dans lesquelles les grandes incisions ont fait place à des accès par trocarts ou, plus récemment, l’utilisation des orifices naturels. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette pratique, en termes de suites opératoires et de qualité de vie.

Pour la chirurgie abdominale digestive ou gynécologique, la chirurgie coelioscopique (ou coeliochirurgie) permet par une optique introduite dans le nombril après avoir gonflé la cavité abdominale par du gaz carbonique, d’évaluer avec précision l’étendue d’une maladie intraabdominale. Lorsque la tumeur est limitée en volume, un traitement complet est même possible, voire recommandé, pour bon nombre de localisations (digestives ou gynécologiques). Les moyens de cette chirurgie mini-invasive ont évolué récemment avec l’acquisition du robot chirurgical da Vinci Xi® qui permet une assistance mécanisée à la coelioscopie (geste plus précis grâce à une vision en trois dimensions et absence de tremblements).

Cette technologie a ouvert le champ des possibles notamment pour la chirurgie mini-invasive des voies aérodigestives supérieures qui n’avait pas encore, à ce jour, accès à cette approche et qui limite les séquelles physiques de ces interventions.

> Découvrez en vidéo les avantages de la chirurgie mini-invasive et le robot chirurgical du Centre Oscar Lambret

La chimio-hyperthermie intrapéritonéale

Pour certaines maladies péritonéales, la réalisation de chimio-hyperthermie per opératoire (chimiothérapie chauffée déversée dans la cavité abdominale) effectuée suite à l'ablation macroscopiquement complète de la maladie, a transformé leur pronostic.

 

L’oncoplastie et la chirurgie de reconstruction

En chirurgie sénologique, le développement et l’utilisation en routine pour les petites tumeurs des techniques d’exérèse oncoplastique (respectant au mieux la forme voire le volume du sein restant), ajoutées à celles des reconstructions plastiques pour les chirurgies plus importantes, ont transformé la qualité de vie des patientes, sans nuire à leur survie.

En chirurgie oncologique générale, c’est la chirurgie des sarcomes du rétropéritoine ou des membres qui a bénéficié de la connaissance des techniques d’exérèse élargie et surtout de reconstruction, avec prise en compte précoce des techniques de réhabilitation ou d’appareillage. 

 

Le ganglion sentinelle

Parallèlement la chirurgie ganglionnaire, nécessaire pour connaître l’extension microscopique de la maladie a été transformée par la pratique de l’exérèse du ganglion sentinelle, qui consiste en l’ablation ciblée et limitée au(x) premier(s) ganglion(s) possiblement atteint(s) par la maladie.

Cette pratique a considérablement réduit les séquelles de ce geste (douleurs, poches de lymphe axillaire à ponctionner et surtout gros bras de lymphoedème. L’utilisation récente de la fluorescence augmente les taux de détection de ces ganglions sentinelles.

L'équipe

La chirurgie cancérologique est une chirurgie d’équipe qui doit non seulement comporter des chirurgiens spécialisés mais aussi des anesthésistes-réanimateurs, des infirmièr(e)s qualifié(e)s, des kinésithérapeutes, des psychologues sans oublier, pour la prise de décision, la collaboration étroite des oncologues médicaux, des radiothérapeutes, des anatomo-pathologistes et des radiologues, au travers de réunions pluridisciplinaires. Le cancer nécessite en effet une prise en charge globale avant, pendant et après la chirurgie.