Les facteurs de risque du cancer de l'endomètre

L'hyperoestrogénie

 

L’augmentation de l’incidence du cancer de l’endomètre dans les pays développés peut être à rapprocher de la prévalence croissante de l’obésité et du syndrome métabolique dans ces pays.

L’insulino-résistance induite par la surcharge pondérale et le manque d’activité physique favorisent également le développement tumoral.

Parmi les composantes du syndrome métabolique on retrouve :

- Indice de masse corporelle (IMC) élevé (surpoids et obésité). Le risque augmente avec l’IMC.

- hypertension artérielle

- hyperglycémie et diabète

- hypertriglycéridémie

Les autres causes d’hyperoestrogénie impliquant un sur-risque de cancer de l’endomètre sont la nulliparité, l’infertilité, une longue vie génitale (puberté précoce, ménopause tardive), une prise prolongée d’oestrogènes  lors d’un traitement hormonal substitutif de la ménopause (surtout si absence de progesterone), et d’une prise de tamoxifene.

L’hyperplasie adénomateuse ou atypique, le carcinome in situ, rencontrés en cas d’hyperoestrogénie, sont considérés comme lésions précancéreuses.

 

Les facteurs génétiques

 

Les formes familiales rentrent le plus souvent dans le cadre du syndrome de Lynch ou HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer). Elles représentent moins de 5 % des cancers de l’endomètre.

Il s’agit d’une maladie autosomique dominante, entrainant une mutation d’un des gènes du système MMR (MisMatch Repair) impliqué dans la réparation de l’ADN et le risque de développer un cancer de l’endomètre à l’âge de 70 ans chez les femmes porteuses d’une mutation est de 42 à 60 %. La déficience du système MMR est plus fréquemment somatique (c’est-à-dire qu’elle existe uniquement au niveau des cellules de la tumeur) (30 % des cancers de l’endomètre environ).

La détection d’un défaut du MMR se fait d’abord dans la tumeur.

Il est recommandé de rechercher un défaut du MMR  en cas de suspicion de syndrome HNPCC, selon les critères suivants :

- Age de survenue inférieur à 50 ans (la recherche peut se discuter entre 50 ans et 60 ans) ;

- Présence d’antécédents personnels ou familiaux (au premier degré) de cancer colorectal ou de cancer(s) du spectre du syndrome de Lynch (endomètre, intestin grêle, urothélium, voies biliaires, estomac, ovaire).

Si un défaut du MMR est confirmé, une consultation d’oncogénétique est nécessaire pour rechercher une mutation constitutionnelle du gène (c’est-à-dire possiblement héréditaire).

Le syndrome de Cowden, de transmission autosomique dominante, est une cause plus rare de cancer familial de l’endomètre. Caractérisé par des hamartomes multiples se formant sur la peau, la poitrine, la thyroïde, le tractus gastrointestinal, l'endomètre et le cerveau, et par un risque accru de développer des tumeurs malignes (cancers du sein, de l'endomètre ou de la thyroïde), ce syndrome est lié à une mutation inactivatrice hétérozygote du gène suppresseur de tumeur PTEN.