Généralités sur le cancer de la thyroïde

La thyroïde est une petite glande située à la base du cou, en avant de la trachée. Elle est impliquée dans la régulation d’un grand nombre de fonctions de l’organisme, dont la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la température et le poids du corps.

Les cellules de la thyroïde subissent parfois des changements qui rendent leur mode de croissance ou leur comportement anormal. Ces changements peuvent engendrer des affections non cancéreuses, ou bénignes, comme l’hypothyroïdisme, l’hyperthyroïdisme, la thyroïdite et des nodules thyroïdiens.

Dans certains cas, des modifications dans différents types de cellules thyroïdiennes peuvent causer un cancer de la thyroïde. Le cancer de la thyroïde est généralement lentement évolutif, mais peut parfois migrer à distance de celle-ci et générer des métastases. 

Le cancer papillaire de la thyroïde est le cancer le plus courant de la thyroïde. Il représente environ 70 % de tous les cancers de la thyroïde.

Le deuxième type de cancer le plus courant de la thyroïde est le carcinome folliculaire de la thyroïde

Des types plus rares de cancers de la thyroïde peuvent aussi se manifester (cancer médullaire, cancer anaplasique, lymphome, carcinome épidermoïde et sarcome).

 

Pour en savoir plus:

http://www.thyroidcancercanada.org/about-thyroid-cancer.php

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-thyroide/La-thyroide

http://www.ligue-cancer.net/sites/default/files/brochures/cancer-thyroide.pdf

La prise en charge au Centre

Le centre Oscar Lambret prend en charge tous les ans une cinquantaine de nouveaux patients qui ont un cancer de la thyroïde.

Le diagnostic

C’est la plupart du temps la découverte de nodule(s) thyroïdien(s) qui est à l’origine du diagnostic de cancer. Les nodules de la thyroïde sont très fréquents. Parmi ces nodules, environ 95 % sont bénins et seulement 5 % sont des cancers. 

L’échographie est systématiquement réalisée pour tout nodule détecté, afin d’en préciser les caractéristiques. Selon les résultats, une cytoponction (prélèvement de cellules de la thyroïde à l’aiguille fine) peut être faite en complément, afin d'évaluer le risque que le nodule détecté soit un cancer.

 

Les traitements

Une prise en charge thérapeutique personnalisée est proposée au Centre Oscar Lambret. Elle fait appel à de nombreuses approches thérapeutiques spécifiques : chirurgie, traitement à l’iode radioactif, thérapeutiques moléculaires ciblées, chimiothérapie, radiothérapie… 

Les dossiers sont également discutés au cours d’une réunion d’un comité pluridisciplinaire réunissant de nombreux spécialistes du cancer parmi lesquels : chirurgien, médecin nucléaire, oncologue, radiologue et anatomopathologiste, biologiste...

 

  • La chirurgie du cancer de la thyroïde

En fonction des éléments apportés par les examens diagnostiques, l'équipe soignante décidera de réaliser ou non une chirurgie. Celle-ci sera en général une thyroïdectomie totale, c'est-à-dire qu'elle retire toute la thyroïde. Parfois, le chirurgien pourra également retirer les ganglions du cou au moment de l'intervention.

Suite à la chirurgie, l'anatomopathologiste examinera la thyroïde et portera un diagnostic définitif. Celui-ci définira s'il s'agit d'un cancer ou d'une lésion bénigne, et du type de cancer.

Nos plus : Afin de diminuer le risque de léser les nerfs des cordes vocales (estimé à moins de 3%), un monitorage peropératoire du nerf récurrent est systématiquement effectué dans notre établissement.

 

  • Après la chirurgie, la médecine nucléaire

Un  traitement à l'iode 131 (encore appelée "irathérapie") est souvent indiqué en complément, 6 à 8 semaines après la chirurgie, en l’absence de grossesse ou d'allaitement.

L’iode 131 est capté quasi-exclusivement par les cellules thyroïdiennes normales et cancéreuses. Son objectif est triple : détruire les cellules thyroïdiennes normales laissées en place par le chirurgien afin de faciliter la surveillance ; réaliser le bilan d’extension de la maladie et détruire d’éventuelles métastases, afin de réduire le taux de récidive.

 

  • Le traitement hormonal

Après l’ablation de la thyroïde, un traitement quotidien à vie par hormones thyroïdiennes sera nécessaire.  Il permet de substituer la thyroïde et de diminuer le risque de récidive du cancer.

 

Le suivi

Le suivi repose essentiellement sur le dosage de la thyroglobuline, protéine qui n'est produite que par la thyroïde et dont le taux dans le sang est indétectable après traitement.

L’échographie cervicale peut compléter la surveillance dans certains cas. Le cancer de la thyroïde peut récidiver tardivement, dans les 20 années qui suivent la prise en charge initiale.

Le suivi doit donc être régulier et prolongé, permettant un dépistage précoce d’une éventuelle récidive.

Le taux de guérison dépasse 90 % et les récidives sont peu fréquentes.

 

L’offre de soins proposée est complète, grâce au partenariat avec le CHRU de Lille : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, préservation de la fertilité… Des soins complémentaires peuvent être proposés (prise en charge psychologique, nutritionnelle, de la douleur, consultation infirmière...).

L'équipe

Les médecins sont des séniors dans la discipline, avec une compétence acquise dans le domaine de l’oncologie.

Des radiologues, radiothérapeutes et anatomo-pathologistes du Centre participent également à la prise en charge des cancers de la thyroïde.