Lundi 25 avril 2016

Trois questions au Pr Eric F. Lartigau, Directeur Général du Centre

Depuis le 31 mars 2016, le Pr Eric F. Lartigau a succédé au Dr Bernard Leclercq à la direction générale du Centre Oscar Lambret.

Nommé à Lille en 1999, il dirigeait depuis 2003, le département universitaire de radiothérapie du Centre et était devenu parallèlement, depuis 2005, son directeur délégué chargé de la recherche, des coopérations internationales et des relations avec l’Université.

Il est également, depuis 2012, directeur du site intégré de recherche sur le cancer de Lille (SIRIC ONCOLille) et président du comité de revue des protocoles d’UNICANCER.

 

1 - Quel chemin vous a amené jusqu’à la direction du Centre Oscar Lambret ?  

 

Après avoir engagé mes études de médecine en Côte d’Ivoire, j’ai complété mon internat puis mon clinicat à Paris. J’ai passé 10 ans à l’Institut Gustave Roussy où j’ai notamment été chef de service. Cela fait maintenant 17 ans que je travaille au Centre Oscar Lambret. Comme chef du département de radiothérapie, je me suis attelé à mettre en œuvre une stratégie de développement et de progrès, en intégrant notamment des équipements et technologies innovantes (ex : installation du CyberKnife en 2007).

Comme Directeur de la recherche, j’ai en permanence œuvré pour développer des partenariats avec l’extérieur. La signature en juin 2014, de l’accord SMMiL-E avec le CNRS, l’Université des Sciences de Tokyo et l’Université Lille 1, fut le point d’orgue, pendant cette période, de cette capacité du Centre à travailler en réseau.

 

2 - Quel est votre principal objectif pour le Centre ?

 

Mon principal objectif se résume par un maître mot : le « patient ». Le Centre Oscar Lambret est un établissement résolument centré sur le patient. Mon ambition et celle de nos équipes est de réorganiser la prise en charge en plaçant le patient au centre de ce dispositif, d’établir un véritable contrat de confiance entre le patient et nous.

L’hôpital d’aujourd’hui doit développer ses interactions avec le patient, ses proches, son médecin traitant. Il doit structurer et donner accès à une information pertinente, compréhensible et utile au patient. Ainsi, nous travaillons actuellement sur le développement d’un nouvel outil qui favorisera ce partage d’informations. Le portail patients du Centre Oscar Lambret sera un instrument indispensable à la mise en œuvre d’une médecine véritablement personnalisée et participative.

Dans ce système, le patient doit également être en mesure de partager son information. L’enjeu est de le faire participer à cette dynamique, de l’impliquer dans ce dispositif d’informations qui nous permettra, en retour, de mieux répondre à ses attentes. Le projet Kalicou, mené conjointement avec l’Université Lille 3 et qui évalue la qualité de vie des femmes atteintes d’un cancer du sein et de leur partenaire, illustre parfaitement ce mécanisme d’échange des informations. Kalicou expérimente un outil numérique de partage d’informations entre les patientes et les équipes du Centre dont l’objectif est d’orienter ces femmes vers des soins de support en cas de difficultés.

Faire adhérer le patient à sa prise en charge, lui faire comprendre son traitement, c’est également tout l’enjeu de l’éducation thérapeutique. Les programmes d’éducation thérapeutique, actuellement en plein développement, fournissent aux patients l’information qui leur permettra d’accepter, de prendre et de gérer au mieux leur traitement.

 

3 - De quelle manière le Centre relèvera-t-il les défis qui se posent à lui aujourd’hui ?

 

Sans hésiter, en continuant à développer ses coopérations au bénéfice des patients. Les interactions et les échanges avec l’extérieur sont la clé pour avancer. Dans un contexte en forte mutation, nous devons rester proactifs.

Notre défi aujourd’hui consiste à définir la place du Centre dans son environnement de proximité et à renforcer d’une part, ses coopérations historiques sur le site (renforcement des liens avec le CHRU, C2RC et l’Université de Lille), et d’autre part celles qui l’unissent avec les groupements hospitaliers de territoire (échanges médicaux, scientifiques, de formation…), mais aussi avec d'autres CLCC.


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