Vendredi 3 février 2017

Mieux comprendre les tumeurs pédiatriques pour mieux les cibler

Chaque année en France, plus de 2 500 enfants et adolescents âgés de moins de 18 ans sont atteints de cancer. Malgré des progrès considérables, le cancer reste la 2ème cause de mortalité chez l’enfant de plus d’un an en France, après les accidents.

Le Centre Oscar Lambret, centre référent pour les tumeurs pédiatriques, prend en charge tous les enfants, adolescents et jeunes adultes de 0 à 25 ans, de la région des Hauts de France, atteints d’une tumeur solide pédiatrique : 600 patients sont suivis chaque année par les équipes du Centre.

 

Un impératif de recherche sur les tumeurs rares

 

Les tumeurs de l’enfant de moins de 15 ans sont très rares : elles représentent moins de 1% de l’ensemble des cancers. Cette rareté a pour conséquence une méconnaissance relative des mécanismes cellulaires et moléculaires conduisant au développement de ces cancers.  

Face au taux de mortalité qui leur est associé, il est essentiel aux yeux des équipes du Centre Oscar Lambret d’intensifier la recherche sur les tumeurs pédiatriques afin de mieux les comprendre et par conséquent d’améliorer le taux de guérison.

Dans le but de faire progresser la recherche sur ces tumeurs, le Centre a ainsi fait le choix d’intégrer une équipe de recherche fondamentale dédiée, qu’il finance par des fonds propres.

Les gliomes pédiatriques, sous la loupe de l’UTRT

 

Parmi les tumeurs solides pédiatriques, les plus fréquentes sont les tumeurs cérébrales. Parmi ces tumeurs cérébrales, les gliomes sont les plus fréquents.

Les gliomes pédiatriques de haut grade (HGG) sont particulièrement graves et toujours dans une impasse thérapeutique. Les enfants atteints d’un HGG ont en effet un pronostic très péjoratif, avec un taux de mortalité associé très élevé (>80%) et une médiane de survie d’environ un an.

A cet effet, l’Unité Tumorigénèse et Résistante aux Traitements (UTRT), unité de recherche fondamentale et préclinique, a pour objectif de mener des travaux de recherche sur ces tumeurs cérébrales pédiatriques dont les taux de guérison sont particulièrement faibles.  

 

Mieux comprendre les cellules souches cancéreuses

 

L’immense majorité des enfants atteints d’un HGG présente une rechute de leur maladie quelques mois après le traitement. Ces observations ont conduit à avancer l’hypothèse d’un rôle clé de cellules cancéreuses particulières, appelées les cellules souches cancéreuses (CSC).

Cette sous-population de cellules cancéreuses particulières, bien que minoritaire au regard de la masse tumorale (les CSC représentent environ 1% de la masse tumorale), jouerait en effet un rôle déterminant dans le développement des tumeurs, l’envahissement du cerveau sain et la résistance aux traitements de ces tumeurs.

Cette hypothèse de l’implication des CSC impose donc la nécessité d’un ciblage thérapeutique spécifique de ces cellules, en complément des traitements actuels. 

 

 « Le projet se divise en trois grandes étapes. Nos objectifs sont d’isoler, caractériser puis cibler les CSC cancéreuses responsables des rechutes et de la résistance aux traitements. A travers ce programme de recherche, nous voulons mieux comprendre les CSC, définir leurs particularités et leur fonctionnement. Ce travail nous permettra d’imaginer de nouveaux traitements pour que demain, ces tumeurs puissent être éradiquées ».

Dr Pierre Leblond, médecin-chercheur, et l’équipe de l’UTRT.

 

> Téléchargez la plaquette sur ce projet de recherche

 


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